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LA TOUR DE PAPEL

​​​Première : Jeudi 10 octobre 2019


Pour le Festival « Lézart de la rue »

Capvern-Les-Bains
 

AVEC :  


ROLAND ABADIE

MAYA PAQUEREAU

HERVE CARRERE

Affiche de ERIKA BRETTON

Crédit photos SUZY NOGUES


 
 

TEXTES :


BIENVENUE F. FERRIE / LE PROFESSEUR R. ABADIE / SANS FRONTIERES FIXES SIMEON / FUCK AMERICA Edgar Hilsenrath /  TOUR DU MONDE Chanson R. ABADIE / LES LENTILLES / L’ETRANGER SIMEON / ASILE R. ABADIE / LE GRAND JEU F. MOREL / RACISTE SIMEON / L’HOMME QUI SOURIT – MIGRANTS MATEI VISNIEC / ON EST TOUJOURS PLUS PETIT QU’ON NE CROIT SIMEON / L’IDITENTE Chanson NOIR DESIR & TÊTES RAIDES.

 

INTENTION :
 
Nous avons eu comme point de départ l'envie de mettre en débat la question migratoire, Mais qu'est-ce qu’un migrant ? Que faudrait-il pour qu'on voit en lui un semblable ? Pourquoi ces projections pathogènes relayés par les médias et qu'en dit concrètement l'histoire ? Qu'ont fait nos aïeuls de ces questions de déplacements humains ? D’où venons-nous ?  Le sujet est vaste, mais aussi très violent, puisque des populations se noient sous nos yeux, en Méditerranée, sans que des réactions humaines massives n’apparaissent. Nous y avons vu une urgence. Ce souhait de prendre la parole et de susciter la réflexion sur ce sujet nous a conduit à réfléchir et travailler sur différents thèmes. -     L’histoire de l’immigration en France -     Le développement économique induit par l’immigration. -     Le labyrinthe administratif et son oppression -     Pourquoi un tel rejet aujourd’hui ?
 
Nous avons choisi des textes de Matei Vishniec, Edgard Hilsenrath, François Morel, Francis Ferrié et Jean-Pierre Siméon qui accompagnent nos textes écrits pour le spectacle. Ce patchwork de situations cocasses mais aussi dramatiques est ponctué par de petits moments poétiques et musicaux où une voix féminine tentera d'apaiser la violence des hommes et d'éclairer la situation.
 
Roland Abadie
 

 
SCÉNOGRAPHIE & REGARD :


Ce projet est né de Hervé Carrère et Roland Abadie. Ils m’ont proposé de les accompagner, par un regard extérieur et des choix de scénographie. Le sujet des migrants, de l’exclusion, le rôle inadmissible de la France et de l’Europe qui s’opposent à l’accueil des réfugiés, qui laissent mourir des milliers de personnes en mer me bouleverse. Monter un spectacle pour expliquer, dénoncer l’inaction politique, se référer à l’histoire et mieux comprendre, rendre intolérable ici, à nos spectateurs, ce qui est là-bas et qu’on ne perçoit que par le filtre insipide des médias, me semble un acte important pour peut-être changer quelques regards et tenter d’arrêter cette horreur.


Dès la première répétition, la matière « papier » a été une clé, le fil qui lie textes et actualité. Des feuilles blanches froissées qui sont à la fois, des lettres de demande et de refus, des formulaires qui n’en finissent pas, des papiers d’identité inatteignables, une mer de papier comme décor. On peut y voir la mer administrative dans laquelle on se perd, papiers et cartons qui font les couvertures et caches des sans-papiers, la mer qui nous sépare de l’étranger, celle dans laquelle se noient les réfugiés, celle dont on détourne le regard pour ne pas voir.
Un porte manteau, une vraie table et une vraie chaise représentent l’administration, immuable, concrète, réelle qui se dégage de la mer de papier. Les autres accessoires, un cube, un feu, apparaissent, disparaissent ou se transforment avec la mer blanche.
Le regard extérieur qui m’a été proposé au début, s’est réparti finalement entre nous selon les scènes. Roland et Hervé désirant une présence féminine sur le plateau, symbole d’un peu de « douceur et d’apaisement.  


Concernant les textes, scènes et chansons, la gravité du sujet traité est racontée dans une alternance de légèreté et de drame avec des tableaux comiques, poétiques, tragiques, musicaux et sensibles laissant aux spectateurs le loisir de s’approprier le sens des mots, des situations et de la peinture d’une réalité bouleversante et intolérable.

 
Maya Paquereau